L’informatique et moi, c’est une longue histoire

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Voici un bien vaste sujet.
Dans cet article, je souhaite vous compter mon histoire en rapport à l’informatique,

depuis mes débuts jusqu’à aujourd’hui, comment j’ai fait sa connaissance, ce qu’elle m’a permis de faire et la place qu’elle prend dans ma vie.

Mon premier rencard

J’ai 9 ans, je suis en classe de CM1, et le centre spécialisé pour déficients visuels, Centre Normandie Loraine ou CNL, propose aux résidents de l’internat, de faire des initiations à l’Informatique le mercredi après-midi. Curieux de nature, un de ces fameux mercredi, je m’invite à l’une de ces séances. Je découvre à quoi ressemble un ordinateur. Un clavier plein de boutons, un truc bizarre sous lequel y’a une petite bille qui roule qu’on appelle une souris, un gros écran, et une grosse boite qui ventile ! 😉 L’intervenant allume l’ordinateur et quelle surprise d’entendre une sorte de voix robotisée : « Edivox 5.00, bonjour !!! » Oui, mes amis, c’est la première synthèse vocale que j’ai eu le plaisir de découvrir… Un logiciel qui tournait sur Microsoft DOS. Voilà qui ne me rajeunit pas. 😛

Bref, quelques années passent, et je suis en 1996, je suis en classe de 4ème toujours au CNL à Rouen. Je n’effectue qu’un mois de scolarité, puisque j’ai la chance et le privilège de participer à une expédition de 9 mois à bord d’un voilier, à la découverte des pays méditerranéens grâce à l’association La Baleine Blanche, qui, aujourd’hui n’existe plus. Mais peut-être que je vous ferai un article sur ce voyage fabuleux…

A ce moment là, c’est Bernadette Duque, professeur de braille à plein temps, et initiatrice à l’informatique à ses heures, qui me présente l’ordinateur. Je me souviens de ce gros écran cathodique, de cette unité centrale d’une épaisseur d’environ 20 centimètres, mais surtout de ces disquettes souples 5/2pouces. En écrivant ces mots, c’est drôle, j’ai toutes ces images qui me reviennent en tête !!! 😛 Une grosse machine des années 90, sur laquelle est installée Microsoft Windows 95. Pas de synthèse vocale comme aujourd’hui, juste un logiciel qui permet de faire le lien avec un terminal braille le Clio de EuroBraille, un bloc-note pourvu d’une plage tactile de 40 caractères. Si je me souviens bien, le logiciel en question devait s’appeler Dracula Win 🙂

Pas vraiment conquis par cette informatique, je me désintéresse de cette matière. Le temps passe et je continue à me contenter de mon bloc-note gracieusement mis à ma disposition pendant mes années de 4ème et 3ème.

Mon coup de foudre

En 1999, je quitte ma Normandie. Me voilà à l’INJA (Institut National des Jeunes aveugles) à Paris. Je rentre en classe de seconde générale. Contraint de quitter mes amis du collège, obligé de me rendre dans cette nouvelle école, dans une ville qui ne m’attire pas du tout, je me rebelle. Paris et son métro bondé, Paris et son bruit continuel, Paris et sa surpopulation… Haïe, haïe, haïe…

En septembre, au début de l’année scolaire, l’établissement me prête, comme à tous les élèves du secondaire, un ordinateur et une plage braille afin que je puisse noter mes cours et consulter les documents qui nous sont fournis au format numérique. Et voilà qu’on m’apprend à naviguer sur un système d’exploitation en ligne de commande. Taper pleins de lettres pour effectuer une simple tâche !!! J’y prends goût et je commence à explorer par moi-même les méandres du système de microsoft : DOS. De plus, l’un de mes copains de classe, fan d’informatique, me montre les possibilités que peuvent offrir un ordinateur, à travers Windows 98 et une synthèse vocale nommée Jaws… Une révolution pour moi !!!

En septembre 2000, le service informatique de mon école me prête un nouvel ordinateur portable sous windows 98 et ce fameux logiciel Jaws afin de prendre plus facilement mes cours. J’explore, je fais des bêtises, je suis obligé de me faire réinstaller plusieurs fois le système… Mais au fur et à mesure, j’apprends ! Je sens une nouvelle passion qui me gagne, celle de l’informatique et ses méandres ! Si je me rappelle bien, ça devait être un ordinateur Toshiba 4200, avec 10GO d’espace disque, 250MO de mémoire vive… une chouette machine pour l’époque !

J’ai accès à Internet et toutes ses ressources et je commence à chercher des informations sur la création de programme. Je m’initie d’abord au HTML, puis progressivement au langage PHP et MYSQL ainsi qu’aux gestions de bases de données. Je développe mon premier site web : dauphishok.fr.st devenu aujourd’hui celui sur le quel vous naviguez. J’adore la programmation !

Et pour cause, en septembre 2002, j’intègre le Centre de formation professionnel Paul et Liane Guinot à Villejuif, une formation de développeur pour apprendre à programmer. Je ne m’étendrai pas sur cet établissement mais je termine ma formation en 2005 et j’obtiens mon premier job dans le centre informatique de l’IUT2 de Grenoble grâce au soutien de Paul Chomat (directeur du Centre Informatique), Marc Vassoille (maître de stage) et Alain Clochet (Administrateur système et réseau). Mais laissez-moi m’attarder sur ce stage et cette embauche.

Mon premier job en informatique

Revenons quelques mois en arrière, plus précisément en décembre 2004 où je commence mes recherches de stage. Après avoir envoyer pas moi de 100 courriers aux entreprises dans les environs de Paris, je décide de prendre mon courage à deux mains et de sérieusement me poser la question de savoir où je souhaite vivre. Les informations que je récolte sur les différentes villes qui remplissent mes critères de sélection, me mènent à Grenoble. Mes critères sont : l’accessibilité de la ville, le sud et m’éloigner du tumulte parisien. Je décide donc d’aller en reconnaissance à Grenoble avec l’un des mes très proches amis, Mohamed Enassiri. On se retrouve, tous les deux en plein mois de décembre à Grenoble à déambuler dans ses rues, son tramway… Et je tombe amoureux de la capitale de Rhône-Alpes.

Début janvier 2005, je suis de retour à mes recherches de stages et cette fois-ci je cible les entreprises de l’Isère et plus précisément, celles de Grenoble. Dans mes lettres de motivations et sur mon CV, je ne spécifie pas mon handicap visuel, c’est un choix que j’ai fait à l’époque. J’arrive donc à décrocher 3 entretiens, dont un à l’IUT2 de Grenoble. Fin Janvier, je retourne sur Grenoble pour répondre à mes demandes d’entretien. J’arrive à réunir les 3 en une journée. Avec juste mon sac à dos contenant mon ordinateur portable, et ma canne blanche d’aveugle, je me présente devant chacun des responsables de structures susceptibles de pouvoir m’embaucher comme stagiaire. Malgré ses réticences et ses inquiétudes, un seul me laisse ma chance, c’est Paul Chomat du centre informatique de l’IUT2 de Grenoble. Je débute donc mon stage de développeur informatique à l’IUT2, le 21 mars 2005. Toute l’équipe m’intègre parfaitement, je suis même convié à des réunions de service, c’est juste génial !!! 😀

Et parce que mon travail est apprécié durant cette période, l’équipe du CI décide de me proposer un CDD de 9 mois, qui débute le 3 novembre 2005. Je crois que pour un premier poste, je n’aurais pas rêvé mieux ! 😀 Alors, Marc, Alain et Paul, si un jour vous lisez ces mots, je vous remercie du fond du coeur de m’avoir fait confiance et de m’avoir laissé faire mes preuves…

Malheureusement, toutes les bonnes choses ont une fin. Une restriction budgétaire caractérisée par le licenciement de personnel, me contraint à quitter mon poste, pas de renouvellement possible pour moi… Mais je quitte l’IUT2 avec l’envie de m’intéresser à un nouveau domaine, celui du réseau et de l’administration. Voilà pourquoi je décide de me lancer dans de nouvelles investigations la découverte de Linux. Pour ça, je vous laisse lire l’article Auto-formation – Linux et sa ligne de commande.

Apple et moi, une grande histoire d’amour

Le temps passe, je réalise quelques projets informatiques tous plus différents les uns des autres. Ce qui nous mène en 2013. Ma machine d’appoint, un Netbook Asus EEPC1001 équipé de Microsoft Windows XP et de Jaws 8, que je sollicite très grandement, finit par me lâcher.

Voilà un moment que je surveille plusieurs sites web dédié au handicap visuel qui parlent beaucoup de la marque à la pomme croquée : Apple et VoiceOver (lecteur d’écran embarqué sur OSX). A ce moment-là, je possède déjà un iPhone 4 et j’apprécie fortement cet environnement. Alors un dilemme m’est imposé. Dois-je investir dans une nouvelle machine avec Windows, ou bien me lancer dans la conquête d’un nouveau système ? Ma curiosité n’a toujours pas faibli depuis ma découverte de l’informatique, donc vous l’avez compris, c’est Apple et OsX que je choisis d’affronter. Je fais la connaissance d’une machine que je peux initialiser, installer, configurer sans aucune aide visuelle. Comme mon ami d’enfance, Nicolas Braconnier aime à le dire : »Apple, c’est plein la gueule ! » Et il a raison !!! Un MacBookR de 2011 que je réussis à acheter d’occasion, devient ma première machine Apple d’appoint

Conclusion

L’informatique fait partie de mon quotidien. Au-delà du côté loisir, elle a une grande importance dans la vie d’un déficient visuel, en tout cas pour moi. Elle permet de communiquer, de gérer son quotidien administratif, d’accéder à l’actualité, de s’informer et même de jouer…

Je dois reconnaître qu’à mes débuts, je n’étais pas très attiré par ce domaine. Je me souviens encore de mes cours de dactylographie sur une machine où il n’y avait même pas de synthèse vocale, juste le logiciel d’apprentissage qui bipait dans tous les sens lorsque je me trompais de lettre.

Mais les années m’ont fait changé d’avi. Et aujourd’hui, j’installe, je configure, je programme et j’adore ça ! c’est devenu un domaine que je maîtrise et que j’apprécie.

2 réponses sur “L’informatique et moi, c’est une longue histoire”

  1. bonjour, j’ai apprécié cette article. moi aussi j’ai fais l’inja mais trop tôt, l’informatique en était qu’à ces balbutiment. à l’époque où j’y était, le minitel était encore très courant. ce n’est que vers les années 90 lorsque j’ai commencé ma formation bep cass à nantes que j’ai touché à mon premier ordinateur sous système exploitation dos. il n’y avait pas encore jaws, d’abord synté 3 un adaptateur vocal tout pouri qu’il fallait réinitialiser toutes les 30 secondes pour que la voix soit compréhensif. puis, vint le mistel et déjà, c’était beaucoup mieux. malheureusement c’était ma dernière année et lorsque j’ai quité l’école, il m’a fallu longtemps avant de pouvoir me payer une machine. entre temps, j’ai réussi après une lutte de tous les instants à obtenir par la ddass de la savoie une formation d’une semaine sur ordinateur. c’était virgo et pas encore jaws. je n’ai connu jaws qu’en 2007 qu’en j’ai acheté mon premier ordinateur. j’ai tatoné au début puiscela m’a plu. biensûr je n’ai pas pu avoir les connaissances nécessaire pour être un crack comme vous. cependant, tout ce dont j’ai eu besoin pour utiliser au mieu le pc, je l’ai trouvé tout seul, il faut pas compter sur les vendeurs de cecia qui ne connaissent même pas le célèbre lecteur vlc.

  2. Salut manu, sympa cet article, j’ai débuté aussi au CNL et j’ai connu Bernadette, parcontre moi c’est Rahmani qui m’a donner le virus de l’informatique lol. J’ai commencer à l’école en intégration sur Sotteville avec une perkins depuis l’age de 5 ans à peu près. et quand je suis entré en cm1 j’ai eus aussi un clio mais 20 caractères, ensuite tous les mercredi j’allais au CNL et rahmani et Bernadette m’ont initié à Windows et jaws 3.1. Au collège toujours en intégration sur Sotteville j’ai un scriba 40 prêté via le CNL, et Rahmani venais me voir une fois par semaine et àà continuer à me transmettre les bases de l’informatique et internet. J’ai fini le lycée en 2008 encore et toujours à Sotteville en intégration avec un iris, qui m’a permi de passer mon bac STg. Pour la suite je n’ai pas eus cette chance de partir dans le domaine de la programmation mais j’avoue que ça m’aurai bien plu.
    J’ai travailler pour le CNL en fin d’année 2009 jusqu’au moi de mai 2010, en tant que formateur informatique pour les jeunes du CNL, et je leur montrais un système développé par l’université de compiègne. Je suis bénévole pour cette université, ce système permet d’explorer des images afficher sur un pc grâce à une tablette ou un smartphone et 2 cellules braille. Malheureusement mon contrat n’a pas été renouvelé mais j’adorais ça.
    Pour moi-même maintenant je me fabrique mes pc et c’est presque entièrement accessible, il faut juste un petit coup de main d’un voyant pour brancher le boîtier à la carte mère, genre le bouton power, les leds etc… mais le reste est entièrement faisable par un dv sans problème j’en suis pas à mon premier pc lol, et je m’occupe aussi bien souvent des pc de la famille ou des amis dès qu’ils ont un soucis.
    Un domaine qui me plairais de connaître c’est la réparation des appareils braille. j’ai encore mon clio qui à un soucis de curseur routine il y an a un à changer et Eurobraille me demande 500 euros pour faire ça, mais vu l’ancienneté du clio je ne sais même pas si ça fonctionne toujours avec les nouvelles versions de jaws avec un adaptateur série vers USB.
    Et je suis quasiment sûr que ça ne doit pes être si compliquer que ça à réparer.
    Désolé pour ce commentaire un peu long lol.
    En tout cas beau parcours manu bravo.

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